L'auteur

Dans cette section, je vais mettre différents textes qui vous permettront de mieux me connaître.

Pour l'instant, je vous offre un premier texte (démarche d’écriture) écrit lors de mon certificat en création littéraire, mais qui reste d'actualité. J'y explique ma démarche d'écriture et tente de répondre à la grande question « Comment as-tu commencé à écrire ? »

J'ai aussi mérité quelques prix

On peut en apprendre davantage sur mon blogue.

Démarches d'écriture

« J’écris depuis toujours » est l’un des clichés les plus répandus chez les écrivains. Chez moi, ce n’est pas tout à fait le cas. Avant d’écrire, je lisais. Avant même de savoir lire, ma mère me faisait la lecture. Elle m’a, entre autres, lu le livre qui m’a le plus marqué, Les Trois Mousquetaires. Il m’a été lu vers l’âge de trois ou quatre ans. J’ai ensuite relu ce livre à presque toutes les étapes de ma vie. Jeune, j’ai dévoré toutes sortes de livres, particulièrement à la fin de l’école primaire où j’enfilais les Agatha Christie, les Bob Morane et les Alfred Hitchcock. Au secondaire, j’ai continué avec Stephen King, Tolkien et Lovecraft (ce dernier étant d’ailleurs l’écrivain qui m’a amené à écrire sérieusement).

Côté écriture, mes premières ébauches ont eu lieu au début du primaire (entre six et huit ans) où j’écrivais des contes mettant en vedette des animaux. Je les lisais dans les réunions de famille et passais ensuite le chapeau – ce qui m’amène à dire que j’ai un sens des affaires plus développé que la plupart des littéraires. La deuxième étape marquante dans ma démarche d’écriture se produisit à la fin du primaire (vers l’âge de dix-onze ans) alors que j’allais toutes les semaines à la librairie en haut de chez moi pour regarder les couvertures des livres d’horreur pour adultes (notamment ceux d’Anne Rice et de Stephen King que je n’allais lire que deux ou trois ans plus tard). Ensuite, j’essayais d’imaginer l’histoire du livre. Je pouvais rêver pendant des heures dans cette librairie. Puis, j’ai eu un professeur de français en secondaire 2 qui s’appelait Camille Rivard. Que je me souvienne de son nom est la preuve qu’il m’a marqué puisque je n’ai pas la mémoire des noms (j’ai peine à nommer les enseignants que j’ai eus en Communication lors de mon baccalauréat). Camille m’a encouragé à écrire en me prenant comme exemple devant la classe. Entre le secondaire 1 et le secondaire 5, j’ai écrit une centaine de poèmes (101 précisément). Depuis, je me consacre à la fiction. Je crois que le tournant s’est véritablement fait au Cégep, même si j’annonçais déjà en secondaire 5 dans un cours d’éducation au choix de carrières que j’allais devenir écrivain, avec un petit ton frondeur.

À ma première année d’études collégiales, j’ai écrit une nouvelle fantastique (Danse avec la fille de la mort, une histoire très inspirée de Lovecraft) pour un concours littéraire sur le thème de la mort. C’était ma première nouvelle complétée, après bien des ébauches (dont un début de roman que j’ai conservé, La révolution du loup-garou, qui était, au mieux, très mauvais malgré une scène de viol étonnamment réaliste pour un jeune homme de 14 ans). J’espérais bien gagner le premier prix de ce concours, d’autant plus que j’étais très fier de mon titre : la fille de la mort, veut dire la peur en italien (La figlia della morte). Avant le résultat (négatif) du concours, j’ai écrit deux autres nouvelles en quelques semaines (Le dernier bal, une histoire de vampire et Dernière lettre d’un suicidé, une énième variation sur le thème du personnage qui se rend compte qu’il est un personnage de fiction).

Puis, dans le cadre d’un travail de mémoire pour obtenir mon diplôme d’études collégiales, j’ai découvert qu’il y avait de la science-fiction et du fantastique au Québec. Sous la direction de Gilles Pellerin (gagnant du Grand prix de la science-fiction et du fantastique québécois en 1988 pour Ni le lieu, ni l’heure, mais qui se garda bien de me le dire à l’époque), j’ai fait mon travail sur l’influence de Lovecraft dans l’œuvre d’Esther Rochon. Je ne connaissais pas du tout Rochon, c’est mon directeur de mémoire qui m’en parla puisque je voulais faire mon travail sur Lovecraft et que c’était un travail de littérature comparative entre un auteur québécois et un étranger. La journée où Gilles me parla d’Esther Rochon, je vis pour la première fois un livre d’Alire (Ouverture, d’Esther Rochon) et vis pour la première fois Solaris (la plus vieille revue francophone de science-fiction). Je pris cela comme un signe et les achetai, d’autant plus que la revue présentait un article sur l’influence bouddhique chez Lovecraft… signé par Rochon. Avec toute la candeur de ma jeunesse, j’envoyai un courriel aux éditeurs d’Alire pour exposer mon projet et rencontrer l’auteure. Un rendez-vous fut fixé pendant le Salon du livre de Québec.

La rencontre fut fort instructive pour l’aspirant-écrivain que j’étais. Elle m’a ensuite présenté d’autres auteurs et l’équipe d’Alire (seule maison d’édition québécoise consacrée exclusivement à la littérature de genre) au Salon du livre de Québec (j’avais 17 ans, donc ça nous ramène en 1997). J’ai été invité au congrès Boréal (congrès de science-fiction fantastique) qui avait lieu un peu plus tard, plus précisément la fin de semaine du 28 septembre. Je m’en souviens, car j’y ai fêté mes 18 ans. Cette fin de semaine là a marqué ma vie : je me suis rendu compte qu’il y avait des gens qui écrivaient de la littérature de l’imaginaire au Québec. Ce fut une révélation : je n’étais pas seul. J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs auteurs et j’ai pu discuter avec eux. J’ai découvert les livres d’Alire (qui en était à sa deuxième année d’existence), la revue Solaris (ce fut d’ailleurs longtemps l’un de mes objectifs de publier un texte dans cette revue, objectif atteint en 2002 avec Berlin rêvé), la revue Imagine… (qui a cessé d’exister peu après sans que je n’aie pu y soumettre de texte) et divers fanzines dont Proxima de Claude Mercier (dans lequel j’allais publier mon premier texte). Pour le concours d’écriture sur place, j’écrivis une nouvelle, Paysage mort, rebaptisée plus tard Nature morte, qui reçut des commentaires positifs lorsque je la lus à voix haute aux autres participants.

Voilà, ça y était : j’avais écrit la nouvelle que le monde attendait. Dès mon retour à la maison, j’ai tapé mon texte à l’ordinateur, l’ai corrigé (très peu) et l’ai envoyé à Solaris, persuadé d’avoir ma première publication. Dans la même foulée, j’envoyais Danse avec la fille de la mort à Proxima. La lettre de refus de Solaris me foudroya. Mon texte était refusé ! J’ai encore cette lettre avec moi qui me sert de motivation. Mais, à l’époque, j’interprétai le refus comme une preuve que je n’avais pas de talent et devais abandonner ce projet.

Je n’ai pas écrit pendant six mois. Heureusement, au cours de l’été, je reçus une réponse tardive que je n’attendais plus de Claude Mercier, mon texte Danse avec la fille de la mort était accepté. Dans l’euphorie de cette annonce, j’ai envoyé Le dernier bal, une nouvelle nettement moins bonne, à Horrifique, un autre fanzine. Ce deuxième texte fut également accepté. En 1998, au congrès Boréal, sortit Proxima 5 (qui allait être le dernier numéro de cette publication). J’étais enfin un auteur ! Horrifique aussi accepta ma nouvelle qui sortit un an plus tard dans le numéro 27 de ce fanzine en même temps que Entretien avec Dracula (le premier d’une série d’entrevues canulars avec les bonzes du fantastique qui s’arrêta après ce seul article). À partir de ce moment, j’ai écrit de nombreuses nouvelles et en ai publiées quelques-unes, mais jamais Paysage mort ou Nature morte.

En 1998, à ma première année à l’Université Laval, je me suis impliqué dans le Cercle d’écriture de l’Université Laval (CeuLa). Chaque semaine, il y avait un atelier. Cela m’a aidé à progresser plus rapidement, en me permettant de me comparer à des gens de mon âge plutôt qu’aux écrivains professionnels publiés dans Solaris. Plusieurs de mes meilleures nouvelles ont été écrites dans un premier jet lors de ces séances. En 1999 et 2000, j’ai été responsable du marketing de la revue L’écrit primal (la revue littéraire du CeuLa) et en 2000, j’ai été responsable des affaires externes du CeuLa. En 1999, 2000 et 2002, j’étais membre du comité littéraire de la revue.

À l’été 1999, j’ai participé au concours d’écriture de la revue Stop alors publiée sur Internet. Le thème était Méduse et ma nouvelle horrifique, Le masque de Méduse, m’a permis de gagner le troisième prix à égalité avec Laurent Chabin. C’est à partir de ce moment-là que j’ai pris suffisamment confiance en mes moyens pour accepter les refus. J’allais devenir écrivain. Pour atteindre mon but, je me suis fixé des objectifs : gagner un concours en 2000 (atteint), publier un texte professionnel la même année (atteint), publier une nouvelle dans Solaris en 2001 (atteint avec un an de retard) et publier un premier roman en 2002 (le contrat est signé et mon premier roman devrait sortir en 2004). Le masque de Méduse fut d’ailleurs repris en 2000 dans le premier numéro de l’anthologie périodique Les vagabonds du rêve publié pendant ses quatre numéros d’existence par la défunte maison d’édition française Oxalis. Peu après l’annonce de ma troisième place, j’ai envoyé un texte au concours d’écriture de l’Université Laval, Chambre 308, une nouvelle fantastique érotique. J’ai gagné le premier prix.

Encore porté par cette euphorie, j’ai participé à un concours de nouvelles international (le New Fiction Award) sur le thème de Berlin. Ma nouvelle, Berlin Rêvé, fut parmi les douze finalistes (je fus le seul canadien et un des deux seuls francophones) et devait paraître en anglais et en allemand dans deux anthologies. Malheureusement, la maison d’édition a fait faillite et rien ne parut. J’ai quand même eu la traduction anglaise de mon texte. Ce texte allait paraître en 2002 dans Solaris. Presque en même temps que j’écrivais cette nouvelle, j’ai écrit Conte pour une fée. L’idée de ce texte m’était venue d’un appel à texte sur le thème des fées lancé par la maison d’édition française Oxymore. C’était ma première incursion dans le domaine humoristique. L’idée était la suivante : un grand-papa fée raconte un conte d’humains à ses petits-enfants. L’univers créé pour cette nouvelle parodie celui des contes de fées. Je ne m’étais jamais autant amusé que lors de l’écriture de ce texte. Il fut publié dans l’anthologie Il était une fée à l’automne 2000. Depuis, j’ai revisité cet univers à travers quelques nouvelles et un roman (dont la nouvelle Conte pour une fée sert de point de départ).

En 2000, j’ai aussi lancé mon propre fanzine, Ailleurs. L’objectif de cette publication était de publier de nouveaux auteurs et de parler de ce qui se faisait au Québec. J’ai fait de la mise en pages, de la direction littéraire, de la critique. Cette expérience m’a beaucoup aidé, même si elle m’a coupé du temps d’écriture. Au total, quatre numéros d’Ailleurs virent le jour dont un numéro spécial sur Esther Rochon. Avec Ailleurs, je suis rentré en contact avec plein d’amateurs, d’éditeurs et d’auteurs du Québec et d’Europe.

Le fanzine m’a permis de me faire connaître dans le milieu québécois de la science-fiction et du fantastique. Les gens d’Alire m’ont approché pour que je travaille pour eux. Sitôt mon bac en communication terminé, j’ai occupé les fonctions de responsable de la promotion et de la publicité chez cet éditeur où je rêve de publier un jour. Même si je n’ai pas écrit une seule ligne pendant que je travaillais là (entre mai 2001 et mai 2002), je considère que ça m’a apporté beaucoup en tant qu’écrivain. D’abord, le titre de mon poste ne représente pas bien mes fonctions réelles. J’ai participé à tous les salons du livre comme exposant, j'étais membre du comité de lecture, j’ai travaillé à la promotion des livres et des revues Solaris (consacré aux littératures de l'imaginaire) et Alibis (consacré au polar). Cet emploi fut stimulant, bien que frustrant puisqu’il m’empêchait d’écrire. Il m’a permis de connaître les principaux intervenants du milieu littéraire québécois. C’est ainsi que j’ai rencontré Robert Soulières, par exemple. Je lui ai fait lire ma nouvelle, Conte pour une fée, en lui disant que je projetais en faire un roman pour adolescents. Après l’avoir lu, il est venu me voir en avril au Salon du livre de Québec (mon dernier salon pour Alire) pour me dire qu’il aimerait publier ce livre. Le 30 octobre, après avoir terminé mes dernières corrections sur mon deuxième jet, j’ai envoyé le roman à l’éditeur. À partir de là, j’ai commencé à être vraiment nerveux. Même si l’éditeur avait souligné son intérêt, il n’y avait rien de signé. De plus, j’ai parlé du projet à tellement de personnes que je ne savais pas comment je réagirais en cas de refus. Deux semaines après l’envoi du roman, pas de réponse, pas même un accusé de réception. J’ai donc décidé de contacter Soulières le 6 novembre pour savoir ce qui se passait. Il ne l’avait pas reçu ! J’ai donc renvoyé mon roman le 9 novembre. J’en ai profité au passage pour retravailler la fin. Mon roman est arrivé le 12 novembre chez l’éditeur. Le 3 décembre, je recevais un appel chez moi pour me confirmer que le roman était accepté. J’ai signé le contrat à la mi-février.

Prix et distinctions

1999 : 3e prix ex æquo au concours de nouvelles de la revue Stop (Le masque de Méduse)

2000 : 1er prix du concours de nouvelles de l'Université Laval (Chambre 308)

2000 : Finaliste du New Fiction Award (Berlin rêvé)

2000 : Prix Boréal du meilleur fanéditeur (Ailleurs)

2003 : Finaliste au prix Aurora du meilleur fanéditeur (Ailleurs)

2004 : Sélection de livres pour les jeunes de Communication-Jeunesse (Y a-t-il un Héros dans la salle ?)

2004 : Prix Boréal de la meilleure production critique (ex aequo avec Jean-Louis Trudel)

2007 : Sélection de livres pour les jeunes de Communication-Jeunesse (Y a-t-il un Héros dans la salle numéro 2 ?)

2007 : Sélection de livres pour les jeunes de Communication-Jeunesse (Mary la sanglante)

2010 : 2e prix ex aequo du conours de nouvelles Les mille mots de l'Ermite (L'homme qui faisait pousser les mots)

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